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Mise en sommeil SCI : le mode d’emploi pour agir sans risque

Mettre une SCI familiale en sommeil est une décision fréquente pour réduire les charges administratives et fiscales d’une société qui n’exerce plus d’activité courante. Cette solution temporaire évite la dissolution et la liquidation tout en préservant la structure juridique. Le présent article détaille les démarches, les mentions obligatoires, les conséquences fiscales et comptables ainsi que les précautions à prendre avec la banque et les créanciers.

1. La décision des associés et le procès‑verbal (PV)

La première étape consiste à tenir une assemblée générale des associés ou, si les statuts le prévoient, à obtenir la décision écrite des associés. Il faut rédiger un procès‑verbal formalisant la mise en sommeil : date de la décision, durée prévisionnelle (généralement six mois à deux ans, renouvelable), motif de l’interruption d’activité et résultat du vote (nombre d’actions ou parts représentées, voix pour, voix contre, abstentions).

Le PV doit comporter la liste des présents, la qualité des signataires et la signature du gérant. Il est conseillé d’annexer une attestation sur l’honneur du gérant indiquant qu’aucune activité commerciale, civile ou de gestion n’est exercée pendant la période de sommeil. Conservez l’original du PV au siège social et fournissez-en une copie au greffe lors de la déclaration.

2. La déclaration au greffe et la publication

La mise en sommeil doit être déclarée au greffe du tribunal de commerce via le formulaire M2 (modification). La déclaration doit intervenir rapidement, idéalement dans le mois suivant la décision. Les pièces à joindre sont : le PV signé, le formulaire M2 complété, une copie de la pièce d’identité du gérant ainsi que le pouvoir si nécessaire.

Le greffe publiera l’information au Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales (BODACC) ou demandera une annonce légale selon la situation. Des frais de greffe et de publication s’appliquent. La parution permet d’informer les tiers et évite les contestations ultérieures relatives à l’existence d’une activité.

3. Obligations fiscales et comptables pendant le sommeil

Une SCI en sommeil n’est pas dispensée de ses obligations déclaratives. Elle doit continuer à tenir une comptabilité et à produire les déclarations fiscales requises : déclaration de résultats selon le régime applicable, relevés TVA si la société y est assujettie et déclarations sociales si des salariés existent toujours. En pratique, la plupart des SCI familiales restent soumises à l’impôt sur le revenu ou à l’impôt sur les sociétés selon leur option.

Les charges récurrentes comme les frais de gestion, intérêts d’emprunt, assurances ou impôts fonciers continuent d’être comptabilisées. Si la SCI ne perçoit plus de loyers, il importe d’enregistrer l’absence de recettes et de vérifier l’incidence sur les déficits fonciers et leur imputation éventuelle. Il est recommandé de maintenir un contact régulier avec l’expert‑comptable afin d’ajuster la tenue minimale de la comptabilité pour limiter les coûts tout en restant conforme.

4. Conséquences bancaires et gestion des emprunts

Informer la banque est essentiel. Transmettez le PV et l’extrait Kbis actualisé dès la publication pour éviter des blocages sur le compte ou des difficultés avec les autorisations de découvert. Si la SCI a des prêts en cours, le prêteur doit être averti : la mise en sommeil n’annule pas les engagements et les échéances doivent continuer à être honorées. En cas de difficulté de trésorerie, négociez un échéancier ou une suspension temporaire si le contrat le permet.

Pensez également aux garanties personnelles des associés : la mise en sommeil ne libère pas les cautions ou garanties solidaires fournies lors d’un emprunt. Conservez soigneusement les échanges écrits avec la banque et toute attestation de modification de situation.

5. Coûts et moyens de les limiter

Les coûts directs comprennent les frais de greffe et de publication, qui varient selon le greffe mais restent généralement modestes (quelques centaines d’euros), ainsi que les honoraires éventuels d’un avocat ou d’un expert‑comptable pour préparer les pièces. Les coûts récurrents sont liés à la production annuelle des comptes et des déclarations fiscales.

Pour limiter les coûts, définissez avec l’expert‑comptable une mission allégée pendant la période de sommeil : tenue minimale des comptes, déclarations indispensables uniquement, et conservation électronique des justificatifs. Négociez avec la banque une réduction des frais sur le compte professionnel si le volume d’opérations diminue.

6. Durée, renouvellement et reprise d’activité

La mise en sommeil est normalement temporaire. Si la SCI reprend son activité, il faudra le déclarer au greffe par une modification et actualiser les publications. Si le sommeil se prolonge au‑delà de l’absence d’activité prévue, pensez à renouveler la décision des associés et à régulariser la situation afin d’éviter des sanctions ou une radiation pour inactivité.

La mise en sommeil d’une SCI familiale est une solution souple pour suspendre l’activité sans dissoudre la structure. Pour éviter les erreurs : rédigez un PV clair et complet, déclarez la modification au greffe avec les pièces justificatives, informez la banque et maintenez les obligations fiscales et comptables minimales. Consultez un expert‑comptable pour adapter le niveau de prestation et un avocat si la situation comporte des emprunts ou des risques juridiques. Ces quelques précautions permettront de réduire les coûts et de préserver la sécurité juridique de la SCI pendant sa période de sommeil.

Informations complémentaires

Pourquoi mettre une SCI en sommeil ?

Mettre une SCI en sommeil, c’est souvent une respiration stratégique quand les difficultés économiques deviennent trop lourdes, quand la maladie du dirigeant impose un recul, ou après un sinistre qui bouleverse tout. On ne parle pas de cessation des paiements, la trésorerie doit rester suffisante pour régler les dettes. C’est une manière de garder la structure, protéger le patrimoine, et éviter la dissolution précipitée. Entre collègues on compare à une pause café prolongée, utile pour reprendre ses forces et réfléchir au plan d’action. Bref, c’est temporiser, préserver les actifs, et préparer une reprise quand la situation le permettra en confiance.

Comment déclarer une SCI en sommeil ?

Pour déclarer une SCI en sommeil, le dirigeant doit saisir le guichet unique des entreprises dans le délai d’un mois, formalité essentielle pour rester en règle. Ensuite, la cessation temporaire d’activité doit être publiée au BODACC afin d’être opposable aux tiers, souvent prise en charge par le greffe qui facilite le processus. On pense aux papiers, mais aussi à mettre à jour les associés, les contrats de location ou les assurances. Petite astuce vécue, garder une checklist partagée évite les oublis et les relances inutiles, et permet de reprendre plus sereinement quand l’activité redémarre sans pression en concertation avec l’équipe.

Pourquoi les banques n’aiment pas les SCI ?

Les banques se méfient souvent des SCI, parce que le taux d’endettement global de la société et des associés peut grimper vite, et au delà de 35 % le dossier devient fragile. Elles regardent la solvabilité, la trésorerie, et la capacité à rembourser sur le long terme. Ajoutez des revenus personnels faibles ou des engagements multiples, et c’est le refus qui tombe. Solution pratique, retravailler les apports, alléger le levier, ou chercher des garants. Pas glamour, mais efficace. On bosse main dans la main avec un courtier, parfois ça suffit pour franchir l’obstacle et reprendre confiance auprès des prêteurs ensuite.

Quelles sont les conséquences d’une mise en sommeil d’une société ?

Une mise en sommeil suspend temporairement l’activité d’une société sans entraîner automatiquement dissolution ou radiation du registre du commerce et des sociétés. C’est utile pour préserver la structure, maintenir certains contrats et éviter de tout recommencer. Les obligations déclaratives peuvent subsister, notamment assemblées et déclarations fiscales selon les cas, et il faut rester attentif aux délais légaux. Pour l’entrepreneur individuel, l’équivalent est la cessation temporaire d’activité. Si on néglige ces points, la pause se transforme en casse tête, donc planifier et documenter reste la meilleure assurance pour la reprise. On en discute avec l’équipe, on ajuste, on reprend ensuite rapidement.

Sophie Laine

Experte en marketing digital et stratégie e-business, Sophie Laine est passionnée par les nouvelles tendances et les innovations qui transforment le monde des entreprises. À travers son blog, elle explore les dynamiques des réseaux sociaux, le marketing numérique, et l’évolution des stratégies en ligne. Avec son expertise en social media et marketing digital, elle aide les entreprises à naviguer dans un environnement en constante évolution, en partageant des analyses pertinentes et des conseils pratiques pour réussir dans l’univers